• L'histoire d'une histoire

    L’écriture d’un roman n’est pas linéaire. Du moins pas pour moi. Je ne me mets pas tout simplement devant mon ordinateur ou un cahier, laissant divaguer mon imagination. L’écriture d’un roman est presque un roman en elle-même. Pour le Cœur de Pierre, cela a commencé par une idée proposée par une amie…

     

    Et si je participais à un concours ?

     

    Cela faisait quelques mois que j’écrivais sur Internet. J’écrivais surtout des histoires liées à Harry Potter et FullMetal Alchemist : des fanfictions. J’avais un petit public de lecteurs assidus qui suivaient mes chapitres postés chaque semaine et commentaient avec enthousiasme les aventures de mes personnages. Certaines personnes que j’ai côtoyées sur la toile sont même devenues des amis.

    Un jour, l’une d’elle m’a dit qu’un concours de nouvelles pour enfant se tenait dans sa région et qu’il était ouvert à des participants d’autres départements. Lisant ce que j’écrivais sur un site spécialisé sur Harry Potter, elle était convaincue que je pourrais écrire une histoire bien à moi qui pourrait correspondre à ce concours.

    Trouvant que c’était une très bonne idée, j’ai cherché à écrire une histoire. Mais je n’avais pas spécialement d’idée pour cela. J’avais quelques écrits commencés en cours, mais rien qui puisse ressembler à une histoire pour enfants. Ma maman cherchait également des idées pour moi et elle m’en a proposé une que je garde encore en mémoire aujourd’hui et qui un jour me servira certainement.

    J'ai continué de chercher des idées pour écrire, pour faire quelque chose qui ne soit pas trop du "déjà lu". Un récit dans lequel je pourrais mettre une partie de moi, car c'est cela écrire, c'est mettre une partie de soi dans son histoire, qu’on s’en rende compte ou non.

     

    Où trouver l’inspiration ?

     

    Je me suis donc demandée ce qui pourrait me donner une idée, me disant que le héros devait être un petit garçon. Il faudrait qu'il soit accompagné d'un adulte pour le guider. Et qu'est-ce qui les lierait? Quelle serait leur histoire? J’ai réfléchi un certain temps à tous ces détails sans vraiment trouver d’histoire à proprement parler. 

    En me promenant dans mon quartier, je suis alors passée devant une maison qui me fascinait depuis que j'étais toute petite. Une magnifique maison avec une cigogne sur le toit. J'ai su à cet instant que mes personnages ne pouvaient habiter un autre endroit que celui-ci. 

    L’histoire des personnages est venue d'elle-même. Je ne saurais pas trop expliquer comment. J'ai su ce que j'allais écrire. C'était tout. Comme si la vie de mes personnages s’était greffée dans mon esprit en même temps que je voyais cette maison.

    J’ai donc commencé à écrire, sur un cahier.

     

    Et c’est parti pour l’écriture !

     

    Mes personnages sont donc devenus Pierre Melet, un écrivain d'une quarantaine d'années que l'imagination a quitté et Thomas, un petit garçon de cinq ans (âge de mon plus jeune frère à ce moment-là) qui cherche sa famille. 

    J'ai construit mon histoire autour de ces deux personnages, différents et pourtant très semblables par bien des aspects. Les faire vivre dans la même ville que moi était logique car je ne connaissais pas grand-chose des autres villes. Il vaut mieux écrire sur ce que l'on connaît et ce que l'on aime, cela évite de se sentir mal à l'aise et de le faire ressentir au lecteur. Surtout quand on a quinze ans et une grande timidité malgré ma curiosité face à tout ce qui m’entoure. 

    Je me suis servie de ma propre expérience, aussi bien pour les sensations de l'écrivain que pour la douleur de la perte d'un être cher ou encore la découverte de lieux aussi beaux que le Château de Chantilly et la galerie de Psychée. Et pour le reste, une bonne dose d'imagination.  

    C'est ainsi que j'ai écrit une trentaine de pages. Une fois que je m'étais relue et que j'avais fait lire mon histoire à ma mère, j'ai envoyé ma nouvelle au concours. 

    Quelques mois plus tard, j'ai reçu un courrier m'annonçant que malgré l'intérêt littéraire de ma nouvelle, je ne correspondais pas aux critères de sélection. 

    Légèrement déçue, mais pas vraiment étonnée, j'ai mis de côté ma nouvelle et j'ai continué d'écrire diverses choses. Sans jamais rien terminer ou en me consacrant davantage aux fanfictions que je prenais un grand plaisir à écrire.

     

    Ecrire un premier vrai roman…

    Au fil des années, en voyant les commentaires positifs laissés sur les fanfictions que je publiais sur Internet, j'ai eu envie d'écrire pour être réellement publiée, pour être lue par d'autres que mes amis ou ma famille. J’écrivais depuis l’âge de douze ans et j’avais toujours ce rêve en tête d’avoir un destin littéraire semblable à celui de J.K. Rowling : transformer l’inconnue du monde de l’édition que j’étais en romancière faisant rêver des millions de lecteurs à travers le monde. 

    J'ai donc repris ma nouvelle, avec la ferme intention d'en faire un roman publiable.

    Ainsi, et pour être certaine de ne pas faire d'erreurs dans mes descriptions, j'ai revisité les endroits que je cite dans mon roman : Chantilly, Senlis, le Bourget, les Etangs de Commelles... Photos, notes sur un calepin, tests de goûteuse pour certains repas décrits... C'était long mais très agréable.                                                           

    Puis, écriture. 

    Je me suis fixée un objectif d'environ 70 pages Word pour l'ensemble de mon roman. C'est ce qui a été le plus difficile pour moi, car j'avoue ne pas aimer me fixer un minimum à atteindre... Et encore moins un maximum (cela me freine irrémédiablement dans mon écriture). Il y a eu des périodes où je n'arrivais pas à écrire. Soit parce que je n'avais pas d'idées pour certains passages, soit parce que je n'arrivais pas à tourner mes phrases. Je savais ce que je voulais dire, mais je n'arrivais pas à l'écrire. C'est très frustrant, vous pouvez me croire. 

    Et finalement, un après-midi, j'ai réussi à écrire le dernier chapitre qui me manquait. J'ai senti que je pouvais le faire, que je savais comment écrire ce que j'avais en tête. L'excitation de l'écriture était au rendez-vous.

    Et j'ai terminé mon roman. Au total, 67 pages d'écriture. Objectif atteint car il ne sert à rien de rajouter des choses juste pour faire absolument 70 pages. Mieux vaut privilégier la qualité que la quantité. 

    C'est ainsi que j'ai terminé d'écrire la première version de mon premier roman. Le processus aura duré quatre ans, avec de longues périodes de pause entre le début et la fin. J’ai commencé à l’envoyer à des éditeurs… Et puis, je me suis arrêtée, prise par mes études et mon travail ainsi que le manque total de résultats dans mes recherches.

     

    Période de réécriture ?

    Aux alentours de 2012, alors que ma situation personnelle se stabilisait et que je venais de trouver l’entreprise qui allait m’engager après mes études, j’ai repris l’écriture de mon roman… depuis le début !

    Bien évidemment, je n’ai pas changé l’histoire, mais j’ai repris tous les chapitres et je les ai de nouveau écrit avec mon nouveau style d’écriture, relisant mes chapitres. Car, depuis que j’avais commencé cette histoire en 2006, ma manière d’écriture a changé. J’ai gagné un peu de maturité et je voulais que mon roman fasse transparaître cela. Je repensais également à une idée qu’un ami auteur m’avait soufflée : ajouter un brin de fantastique dans l’histoire. Au départ, je n’étais pas spécialement emballée par cette possibilité, mais en reprenant le roman, ce côté fantastique est venu de lui-même sous une forme en laquelle je crois…

    Partir à la recherche d’un éditeur !

    Mon roman était fini. Nous étions en automne 2013. Et alors que je commençais à me faire une liste d’éditeurs à contacter, je suis tombée sur un concours de nouvelles dont le premier prix était la publication du premier roman de l’auteur. Et était-ce un signe ? Le parrain de ce concours était Maxime Chattam, un auteur que j’adore et que j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois.

    J’ai donc participé au concours en croisant les doigts et suis arrivée jusqu’en finale ! Mais si je n’ai pas gagné le concours, celui-ci m’a permis de gagner en confiance dans mes écrits. Les membres de l’organisation qui avaient lu la nouvelle que j’avais envoyée étaient enthousiastes et avaient aimé mon style.

    En janvier 2014, j’ai donc repris mes recherches avec le même enthousiasme.

    Le vendredi 13 juin 2014 (la date ne s’invente pas !), je recevais un mail de Mon Petit Editeur avec un contrat de publication pour lequel je n’avais pas besoin d’avancer d’argent.

    Un petit pas pour le monde de l’édition, un grand pas pour moi ! Mon aventure ne faisait que commencer !


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