• Maxime Chattam - Rencontre des 10 ans - Février 2013

     

    La journée a commencé aux alentours de 10h30 par le rassemblement d’une partie d’entre nous à la Gare du Nord. Nenya, Damshm et moi-même avons accueilli nos amis Belges à la descente de leur train (arrivé avec 20 minutes de retard).

    Petit à petit, un groupe s’est formé et nous nous sommes rendus au Virgin pour faire des achats de dernière minute avant d’aller au McDonald pour le repas du midi. Là, nous avons été rejoints par d’autres Chattamistes et avons commencé à signer le cadeau de Maxime : un Book de remerciements pour fêter ses dix ans de publication. 

     

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    Enfin, petit dessert, café, rafraichissement au Starbuck et nous nous sommes dirigés vers les lieux de la rencontre.

     

    Nous avons eu le plaisir d’y croiser les Modos organisateurs de la journée, ainsi que Maxime Chattam, Gilles Legardinier et Michel Montheillet. Il nous a fallu attendre encore quelques minutes, puis nous avons pu rentrer dans le Gymnase du Théâtre, prendre nos badges, tirer un petit numéro au sort pour le cadeau de participation et nous installer. 

     

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    Aloha et Maxime nous ont remercié de notre venue et Maxime en a profité pour anticiper une question qui revient très souvent : Pour le moment, il n’est pas prévu de faire une anthologie illustrée du nouveau cycle de Autre-Monde.

    Nous avons ensuite, sur proposition de Aloha et accord de Michel, déposé nos livres et BD à lui faire dédicacer près de lui, afin qu’il puisse commencer à réaliser ses dédicaces car cela allait prendre beaucoup de temps… Et nous avons bien fait, car la pile était conséquente !

     

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     LE JEU DES QUESTIONS / REPONSES

     

    Puis est venu le moment des questions, ponctuées de notes d’humour de la part des trois auteurs et des lecteurs. Parfois, cela se transformait même en dialogue entre les auteurs, ce qui est assez amusant à observer. La séance a duré deux heures.

     

    Comment vous organisez-vous pour écrire un roman ?

    Petite réponse humoristique de Gilles avec un geste en direction de Michel qui avait attaqué son travail de dédicaces : « Comme vous pouvez le voir, deux qui rêvassent et un qui bosse ! ».

    Maxime : Il n’a pas de méthode particulière. Il écrit un roman et réfléchit en même temps au(x) suivant(s). Pour un thriller, cela demande énormément de recherches, mais pour Autre-Monde, tout est déjà dans son esprit jusqu’au dernier tome, il n’a plus qu’à poser les idées sur le papier. Il écrit cinq jours par semaine, du matin au soir avec une très longue pause le midi.

    Gilles : Il fonctionne presque comme Maxime, mais ne pense qu’à un roman à la fois. Il réfléchit longuement sur le sujet et lorsque tout est prêt dans son esprit, il écrit. Il lui faut à peu près un mois, un mois et demi pour écrire son roman (si on le laisse écrire tranquillement !). Il est fasciné par la proximité qui existe entre un auteur et ses lecteurs, une proximité qu’il n’y a pas dans l’univers du cinéma (dans lequel il travaille également). « La démarche d’écriture est plus intime et plus pure. »

     

    Michel et Gilles, vous avez tous les deux un travail à côté de l’écriture, comment organisez-vous vos journées ou vos semaines ?

    Michel : Il passe 80% de son temps sur la BD. Avant, il ne parvenait pas à s’aménager du temps pour penser à autre chose que son projet en cours, mais maintenant, avec l’expérience, il y arrive.

    Gilles : Il dort peut (entre cinq et six heures par nuit) et travaille surtout le matin très tôt (il commence aux alentours de 3h du matin). C’est le moment où il se sent le plus à même d’écrire, épuré par la nuit. Puis, au moment où ses enfants se réveillent, il cesse d’écrire pour se consacrer à eux. Il n’a pas le besoin intérieur d’écrire tous les jours.

     

    Que devient Le Coma des Mortels ?

    Maxime : Pour le moment, il ne sait pas. Il faut encore qu’il le relise et s’il estime qu’il est prêt, il réfléchira à ce qu’il en fait.

     

    Vous hésitez à le faire publier ?

    Maxime : Non, mais ça ne dépend pas que de lui. Il pourrait très bien l’imposer à son éditeur, comme il l’a fait pour Autre-Monde, mais il n’en a pas envie. Le Coma des Mortels était quelque chose de totalement imprévu dans ses projets d’écriture.

     

    Pourquoi avoir repris le titre Le Coma des Mortels pour cette histoire ? Est-ce que c’est totalement différent de l’histoire que vous aviez écrit sous ce nom avant ou est-ce que c’est cette histoire là ?

    Maxime : Ce n’est pas totalement la même histoire, mais il y a des passerelles entre les deux. Il est écrit à la première personne et met en scène un personnage qui se cherche en mêlant humour noir et une certaine forme de cruauté. Mais l’histoire est totalement différente.

    Le livre compte 57 chapitres et l’on va de flash-back en flash-back. Pour les lecteurs retors, il y a une dimension cachée, plusieurs degrés de lecture sont possibles.

     

    Est-ce que l’inspiration pour Le Coma des Mortels et la forme particulière qu’il aura vous a été donnée par le film Irréversible ?

    Maxime (rit) : Il ne l’a jamais vu. Les commentaires de Monica Belluci sur ce qu’elle a ressenti en tournant l’en ont dissuadé.

     

    D’où vous viennent vos idées pour écrire un livre ?

    Gilles : Il est incapable de le dire. Il ne s’inspire pas du réel, ça peut venir de quelqu’un, d’un regard, mais ça passe forcément par une émotion.

     

    Est-ce que vous cherchez les idées ou est-ce qu’elles s’imposent d’elles-mêmes ?

    Gilles : Les idées s’imposent. Pour lui, un écrivain qui chercherait une idée pour écrire ferait mieux d’arrêter ce métier.

    Maxime : Il aime tester des choses nouvelles imprévues dans son planning personnel. Comme pour L’Empreinte Sanglante, il a trouvé intéressant ce défi ludique et amusant. Mais il ne sait pas non plus d’où viennent ses idées pour écrire.

     

    Est-ce que cela vous arrive d’écrire sur quelque chose qui a déjà été traité par un autre auteur ?

    Maxime : Ca arrive, mais on ne s’en rend pas forcément compte. On ne peut pas avoir tout lu ou tout vu. Alors, certains sujets reviennent, comme dans les thrillers, mais ils sont traités différemment d’un auteur à l’autre.

    Gilles : Il cite un ancien ministre Israëlien : « Quand je veux lire un bon livre, j’en écris un ! ».

    Michel : « Les idées, c’est Maxime qui les a. »

    Maxime : Michel fait un énorme travail d’adaptation de ses romans. Il a l’impression qu’il a cerné L’Ame du Mal mieux que lui. Michel est allé sur le Site Internet pour rechercher des scènes coupées par exemple.

    Michel : Il travaille en se basant sur un matériau solide pour L’Ame du Mal. Quand on lit L’Ame du Mal, on ne sait d’ailleurs pas trop qui de Juliette et de Brolin est le personnage principal et c’est ce qu’il a voulu retranscrire dans la BD.

     

    Combien de temps vous faut-il pour réaliser une planche ?

    Michel : Entre quatre et huit jours.

     

    Est-ce que vous dessinez à la palette ?

    Michel : Non, il fait tout à la main, pour lui cela va plus vite. Mais le montage est fait à la palette. Ca pourrait lui faire gagner du temps, mais il préfère dessiner comme ça. Il ne s’occupe pas de la mise en couleur qui est réalisée par deux jeunes illustratrices Italiennes.

     

    Comment avez-vous créé votre réseau de connaissances dans le domaine juridique, policier… durant ces dix années ?

    Maxime : Il ne peut pas vraiment parler de réseau. D’un roman à un autre, il évite d’aller voir les mêmes personnes. Pour les légistes par exemple, chacun a sa manière de travailler, même s’il y a beaucoup de ressemblances. Ils mettent chacun leur touche personnelle dans le travail.  En France, écrire n’ouvre pas particulièrement les portes. Mais aux USA, c’est beaucoup plus simple. Il suffit de demander pour pouvoir suivre les policiers dans leurs patrouilles ou assister à une autopsie… En France, les gens sont frileux, méfiants, personne ne veut prendre de décision. Etre connu ne change rien à ces difficultés. Par contre, l’éditeur peut aider à faciliter les démarches de recherches sur le terrain.

    Gilles :  C’est le fait d’être sincère et de savoir aborder les sujets qui facilitent les choses.

    Maxime : Pour un roman d’espionnage qu’il avait en tête et qu’il a pour le moment laissé de côté, il a pu rencontrer – avec beaucoup de précautions bien sûr – le N°2 du Hezbollah, en tant qu’écrivain.

    Michel : Pour la BD, il voulait qu’il y ait un lien avec le Portland d’aujourd’hui. Il trouvait ça plus sympa.

     

    Voici maintenant une petite vidéo que j’ai faite où Maxime répond à ma question. L’éclairage n’est pas top, et étant donné que j’étais un peu loin, le son n’est pas parfait, mais en écoutant avec un casque, vous pourrez pleinement profiter des explications de Maxime. La retranscription est juste en dessous pour ceux qui préfèrent la lire.

     

    Animation Flash

    Quand vous avez commencé à écrire, il y a dix ans, est-ce que vous imaginez en arriver là où vous êtes aujourd’hui, avec tout le monde, tous vos lecteurs autour de vous, comme ça ?

    Maxime : Quand on écrit, forcément à un moment on prend la décision de publier. Il y a deux types d’écriture. Il y a l’écriture qu’on fait pour soi, le plaisir qu’on a à écrire, et ça simplement pour se dire à la fin, j’aurais eu le plaisir d’avoir écrit un bouquin et de me dire j’ai fait un bouquin et je pourrais le faire éventuellement partager aux proches, mais bon… pas plus loin. Et l’idée aussi d’écrire pour tout le monde. Ecrire pour être publié. Faire ça, c’est une démarche particulière parce que l’écriture ça vous demande tellement d’énergie, tellement de vous… C’est vraiment vos tripes que vous mettez sur le bureau que… (Petite touche « d’humour » de Gilles qui fait semblant de rejeter son déjeuner, ce qui fait rire tout le monde…) Je dis souvent qu’un roman c’est comme un de ses enfants et j’aime bien cette analogie parce que je crois que c’est assez parlant. Je veux dire… Quand un critique vous dit : « Votre bouquin il est mauvais ! », moi je ressens comme si on me disais : « Ton gamin est moche ! ». Et voilà… Après, il faut entendre la critique, il faut essayer d’en tirer quelque chose de positif pour essayer d’améliorer le prochain bouquin. Quand c’est une critique récurrente. Quand c’est juste dix avis différents et chacun arrive avec une critique qui est juste la sienne et qu’il n’y en a aucune qui fait écho à l’autre, bon, ça vaut pas forcément le coup de les écouter… Voilà, de se dire : « Je vais me mettre à nu. ». Parce que même si c’est une fiction, c’est quand même vraiment une part de soi et beaucoup, beaucoup de temps et d’énergie, etc. … qu’on livre… On est fragile sur un livre. Et donc, écrire avec cette idée là c’est parce qu’on a envie d’être lu. On a envie de partager. Je pense vraiment que les gens qui écrivent de cette manière là sont des gens qui consciemment, inconsciemment et à plus grande échelle – enfin à une échelle différente selon les individus – il y a toujours une base de solitude qu’on a envie de combler. Sous une forme ou sous une autre. On a envie de se rassurer au niveau de ses idées, de son vécu de sa solitude… de plein de choses. Mais il y a une envie de… de se dire : « Si j’ai du succès, c’est donc qu’il y a une partie de ce que je pense ou de ce que je suis qui est satisfaisante pour le monde dans lequel je vis, qui plait, etc. … Et donc, forcément quand j’ai écrit mon premier roman, pas celui que… L’Ame du Mal, pour lequel je me suis vraiment battu pour qu’il soit publié un jour, il y a des moments où je rêvais un jour que ça marche. Maintenant, vous dire que je… Il y a le rêve, il y a truc auquel on se dit on se prend à rêver en se disant, voilà : « J’espère qu’un jour avec ce bouquin là ou que les suivants marchent et que j’aurai un public et que ça fonctionne… Et ça me rassurerait, ça me ferait du bien… Et en plus du coup, ça voudrait dire que je pourrais faire que ça… ». Mais c’est un rêve… c’est un rêve comme quand on est gamin. On se faire plaisir à croire que. Et au fond de soi, on se dit : « Bon, il y a très peu de chances et il faudra que je fasse autre chose de ma vie. Mais je vais me battre, je vais tout donner pour. Et si ça marche pas, bah je ferai autre chose, mais je continuerai d’écrire. J’essaierai de faire autre chose qui est proche de l’écriture. Je travaillerai… je ferai une pièce de théâtre, je sais pas… » Et voilà, dix ans plus tard vous êtes là à vous dire : « Je fais que ça depuis dix ans et j’ai cette chance d’être publié, d’être lu par beaucoup de gens… »

    Aloha : Par les meilleurs !

    Maxime : Par les meilleurs. C’est hyper rassurant. Vraiment. Ca fait un bien fou. Et en même temps, ça a fait naître des angoisses que je n’avais pas en tête. C’est-à-dire la peur de décevoir, de se dire : « Mais est-ce que je vais être à la hauteur des louanges qu’on me fait ? » Quand quelqu’un d’entre vous vient me voir un jour en me disant : « J’ai adoré, c’est un super bouquin, c’était génial, j’ai passé un moment formidable ! » Ou pire, quelqu’un qui me dit : « Vous faites partie de mes auteurs préférés ! Pour moi, je vous mets dans la liste avec machin, machin, machin, bidule… » Vous vous dites : « Putain, le prochain bouquin… comment je vais faire pour pas décevoir cette personne ? A côté de ces auteurs là… » Il y a cette trouille, même après quinze ou seize bouquins, de se dire à chaque fois que je mets devant ma table et je me dis : « Bon, comment je fais pour faire un bon bouquin ? Comment ça marche ? C’est quoi le truc ? » Et de se dire en réalité, il y a pas de truc. C’est juste aller vers le livre qu’on a envie d’écrire et se faire confiance sur ses critères personnels en se disant sans cesse, en relisant, en disant : « Ce chapitre là, je suis super content, il marche bien. Celui-ci, en relisant, il y a un truc à revoir… » Et parfois – c’est ce qui m’est arrivé l’année dernière – de relire le début d’un bouquin et de se dire : « Fais chier, je vais quand même pas balancer 150 pages, quoi ! » Pourtant, je sens que le bouquin je pourrais le sortir comme ça. Il marche. Mais je suis pas hyper enthousiaste, quoi. Je me dis que le livre, si je vais jusqu’au bout de cette manière là, le livre va sortir et je vais devant les journalistes le défendre. Et devant mon public et dire : « Bah voilà, vous le trouvez comment ? Machin et tout… » Et moi je vais dire : « Ouais, le livre j’en suis content. Je crois que j’ai fait un bon boulot. C’est carré, machin et tout… De là à dire que j’en suis super fier, que c’est le mieux que j’aurais pu faire sur ce sujet là… Il y a un truc… » Non. Y avait pas ça. Il me manquait le petit truc, le petit supplément d’âme qui fait que quand je relis un de mes livres que je suis en train d’écrire, je me dis : « Ouais, ça marche bien ! Je kiffe, je suis content ! J’ai hâte de faire le suivant ! Enfin, le chapitre d’après, d’avancer… » Et du coup, bah le bouquin je l’ai laissé tomber. C’est pour ça qu’il n’y a pas eu de thriller l’année dernière. C’est qu’à un moment je me suis dit : « Stop. Je suis en train de faire une connerie. On va pas sortir un bouquin pour sortir un bouquin. Pour dire à mes lecteurs Soyez contents… »

    Aloha : T’aurais pu le faire. Parce que moi, je lis pas Autre-Monde donc voilà… Ca fait deux ans maintenant…

    Maxime (rires) : Oui mais du coup, je pense que le thriller qui sort est meilleur. Enfin, bon je dis ça mais…

     

    A quand le prochain thriller, Gilles ?

    Gilles : Pour l’été ou octobre 2014. Il a personnellement besoin de les espacer car il a beaucoup de projets et c’est une écriture différente de la comédie. Pour lui, écrire ce n’est pas combler une solitude comme l’a expliqué Maxime, il n’en ressent pas le besoin particulier. Mais son but avec l’écriture est d’aller vers les gens. L’écriture permet « avec des gens quasi inconnus d’avoir un échange quasi personnel ». De plus, son éditeur ne veut pas lui faire sortir plus d’un livre par an, il estime que c’est trop. Mais c’est stupide, on ne suit pas un auteur pour son éditeur, mais pour lui-même. Le lecteur se fiche de savoir chez quel éditeur son auteur préféré est publié.

     

    Est-ce que c’est frustrant d’avoir beaucoup d’idées et au final de n’en garder qu’une seule pour écrire ?

    Gilles : Il compare ça à regarder toutes les femmes dans la rue et à arrêter son regard sur une seule d’entre elles. C’est un choix que l’auteur fait, une préférence qu’il a. Il n’y a pas de frustration.

    Maxime : C’est l’idée qui s’impose d’elle-même et qui correspond le mieux au récit que l’on veut écrire qu’on garde. Toutes les autres idées sont mises de côté, au cas où il voudrait s’en resservir. Il a d’ailleurs un fichier « Cut » où il met toutes les idées qu’il a enlevé de ses romans pour le jour où il voudrait s’en resservir. Mais il ne s’en sert jamais finalement. Ce sont des idées qui arrivent à un moment précis et qui ne collent pas à d’autres histoires.

     

    Comment créez-vous vos personnages, leurs personnalités, leurs noms ?

    Gilles : C’est un gros problème dans la comédie, davantage que dans le thriller, car les sentiments jouent un rôle un portant dans ce genre d’écrit. Le ressenti réveillé chez le lecteur est énorme et il faut faire très attention à comment on choisi les noms car ils véhiculent tous quelque chose pour quelqu’un. Après, le personnage vit de lui-même et ce n’est plus une création vraiment consciente.

    Maxime : « Je suis une espèce de dictateur totalitaire sanguinaire ». Il sait ce qu’il veut écrire et où il veut aller avec ses personnages. Il leur imagine toute une vie, pour les rendre plus crédibles, mais n’en transmet qu’une partie dans ses romans pour ne pas perdre le lecteur. A cause de cela, ses personnages ont une vie propre et, même s’il n’aime pas les forcer à faire quelque chose qu’ils ne feraient pas normalement, pour les besoins de l’histoire, il ne leur laisse pas le choix et les met dans des situations où ils doivent agir d’une manière qui leur serait normalement totalement étrangère. Pour les prénoms et les noms, il aime qu’il y ait une signification ou faire des clins d’œil à des personnages qui ont une trajectoire similaire (Juliette dans L’Ame du Mal, par exemple), des livres qu’il a apprécié. C’est un pouvoir que le romancier a dans ses livres.

     

    Est-ce que vous êtes toujours un peu dans l’écriture quand vous prenez une pause ?

    Gilles : Non, il n’a pas besoin de temps d’adaptation. C’est un entraînement. Il peut travailler pendant plusieurs heures sans faire attention à ce qu’il y a autour. Mais il est capable de s’arrêter immédiatement pour s’occuper de sa famille.

    Petite remarque de Aloha : Quand Maxime écrit, il ne répond pas au téléphone, ni aux mails… C’est à se demander s’il est toujours vivant…

    Gilles : Il ne peut pas se couper du monde. Il a besoin d’avoir sa famille autour de lui.

    Michel : Les périodes d’écriture ne durent pas longtemps. Pour le dessin, il a besoin d’un break, mais comme Maxime, il n’est pas forcément très disponible quand il travaille.

     

    Question de Gilles à Maxime : Qu’est-ce que tu fais pour détendre ?

    Maxime :  « J’écris ! » (rires). Il fait une grosse pause le midi. Il écrit environ cinq heures le matin, puis fait une pause de plusieurs heures le midi car le repas lui coupe l’inspiration. Il va faire du sport, se promener avec ses chiens ou regarder un film (en analysant l’intrigue tout en se détendant). Puis, il reprend vers 15 ou 16h jusqu’à environ 19h.

    Gilles : Il passe son temps dans son jardin ou à organiser « blagues à la con » avec ses enfants ou ses amis.

     

    Petit bonus : Gilles a voulu revenir sur une remarque que Maxime avait fait pendant une question, lorsqu’il a précisé que les légistes avaient des manières différentes de procéder. Certains ne mettent pas de gants en mailles sous les gants en latex pour autopsier et il arrive parfois qu’ils se coupent à l’intérieur d’un corps. Gilles ne comprenait pas comment cela pouvait arriver… Nous avons donc eu le droit à un petit cours sur le déroulement d’une autopsie de la part de Maxime (qui a assisté en tout à 12 autopsies). Info intéressante : pour une autopsie, un légiste use en moyenne entre 3 et 5 scalpels.

    Gilles a regretté d’avoir posé la question… Mais nous avons tous écouté avec une grande attention les explications de Maxime.

     

    INFORMATIONS SUR LA CONJURATION PRIMITIVE

     

    Pendant l’après-midi, Maxime nous a également dévoilé quelques informations intéressantes sur son prochain thriller qui sortira au mois de Mai : La Conjuration Primitive. Voilà ce que j’ai pu noter :

    -La Conjuration Primitive verra apparaître un personnage que l’on retrouvera peut-être dans son prochain thriller. Serait-ce donc le début d’une nouvelle série ?

    -Il y a deux personnages importants, et comme dans L’Ame du Mal, on ne saura pas vraiment avant la fin lequel des deux est le personnage principal.

    -Les héros du roman seront des gendarmes de la section de recherche de Paris, travaillant en civil.

    -Il y aura une opposition de mode de vies entre trois personnages. L’un des gendarmes a un équilibre personnel qui repose sur sa famille. Les deux autres sont des solitaires (un homme et une femme). Il trouvait intéressant de pouvoir faire la comparaison entre homme et femme, et de comparer leurs choix de vie, leurs trajectoires personnelles.

    -Il y aura pas mal de clins d’œil dans le roman. Le nom d’une des familles qui se fait décimer par exemple est « Eymessice » (prononcer M6). On y trouvera également des jeux de mots. A nous de nous amuser à les retrouver dans le roman ! 

     

    LES DEDICACES

     

    Après ce dialogue entre les auteurs présents et les Chattamistes, nous avons fait la queue devant la table pour faire dédicacer nos livres. Michel continuait son laborieux mais magnifique travail d’illustration.

     

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    J’ai d’abord fait dédicacer L’Exil des Anges par Gilles et un peu plus tard, j'ai pu être prise en photo avec l'auteur.   

     

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    Puis, j’ai fait la queue pour faire signer la BD L’Ame du Mal et l’anthologie illustrée de Autre-Monde par Maxime. Michel avait fait un magnifique travail sur la BD et a ensuite fait de même sur Autre-Monde.

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    J’ai également donné un exemplaire à Maxime des résultats de l’enquête que j’avais réalisé pour mon épreuve de Master. Ainsi qu’un Book de remerciements signé par l’ensemble des Chattamistes présents. Il a beaucoup apprécié le geste et remercie tous ses lecteurs pour ce cadeau.

     

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    FIN DE JOURNEE

     

    Une fois les dédicaces terminées – séance qui a duré deux heures environ – nous avons discuté les uns avec les autres pendant quelques minutes  et pris quelques photos de groupe. Aloha nous a également annoncé un changement dans l'équipe des modérateurs du forum: Eska laisse sa place à Damshm.

    Nous nous sommes retrouvés à une quinzaine au Bar de la Bastille pour boire un verre en attendant que l’heure de la réservation pour le dîner soit arrivée. Puis, direction le Delaville pour finir la soirée.

    Séparation définitive aux alentours de 23h. 


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